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Marché noir : Pourquoi l’euro se fige face au dinar depuis début janvier ?
Depuis janvier 2026, l’euro semble avoir trouvé son point d’ancrage face au dinar algérien sur le marché noir.
Alors que beaucoup prédisaient une envolée, le taux de change reste scotché autour du seuil des 280 dinars. Un équilibre fragile qui s’explique par une série de facteurs inattendus.
Ce vendredi 23 janvier, le constat reste identique au Square Port Saïd : l’euro s’échange toujours à 281 DA à la vente et 278 DA à l’achat. Cette phase de stabilité, qui s’éternise depuis le début du mois, témoigne d’un ralentissement net de la demande.
Le premier frein majeur remonte à la fin de l’année dernière. « L’interdiction des importations collectives de voitures d’occasion, en vigueur depuis fin novembre, a coupé net l’un des plus gros moteurs de la demande de devises », explique Visa-Algérie.
Euro – dinar: un équilibre entre offre et demande en janvier
Sans cette pression des importateurs de véhicules, le billet vert européen a perdu son principal carburant de hausse.
Au-delà de l’automobile, c’est la politique migratoire et touristique qui dicte désormais sa loi au marché informel.
Deux mesures récentes en provenance de Washington ont eu également un impact sur le taux de change euro – dinar en ce mois de janvier 2026 :
- Suspension des visas d’immigration : Depuis le 21 janvier, le traitement est à l’arrêt pour les demandeurs algériens.
- Caution financière : Les demandeurs de visas touristiques ou d’affaires (B1/B2) doivent désormais justifier d’une caution pouvant atteindre 15 000 dollars.
Cette barrière financière et administrative réduit mécaniquement le nombre de voyageurs ayant besoin de « charger » leurs comptes ou de partir avec des liquidités.
Parallèlement, la rigueur persistante des pays de l’Espace Schengen, notamment la France, où les taux de refus restent élevés, assèche également la demande traditionnelle au Square.
La Turquie, destination favorite des Algériens pour le commerce et le tourisme, joue aussi un rôle dans cette stagnation. Le changement de prestataire pour la collecte des visas a créé un goulot d’étranglement.
L’arrivée du nouveau prestataire, Mosaic Visa, s’est fait avec une structure limitée. « L’opérateur n’est opérationnel qu’à Alger pour le moment, en attendant Oran prochainement », précise visa-algerie.
Ce démarrage restreint ralentit le flux de voyageurs vers Istanbul, et par extension, la demande immédiate de devises sur le marché parallèle.
Ce qu’il faut surveiller pour février
Si l’euro « bloque » actuellement, cette stabilité pourrait être de courte durée. Le marché noir algérien est extrêmement sensible à la réouverture des flux. L’extension des services de visas pour la Turquie à d’autres villes du pays et l’approche de la saison printanière pourraient relancer la machine.
Pour l’heure, les cambistes du Square observent ce statu quo, conscients que le moindre assouplissement des conditions de voyage pourrait briser ce plafond des 281 dinars.



